Le Séminaire de droit international est né en 1965 au Palais des Nations à Genève avec une mission claire : offrir un forum unique où les jeunes talents du droit pourraient entrer en contact direct avec les institutions, les juristes et les idées qui façonnent le droit international. Organisé par l'Office européen des Nations Unies d’alors, il tendait à réunir des étudiantes et étudiants de niveau avancé dans cette discipline et de jeunes fonctionnaires ayant, dans leurs pays respectifs, la charge des questions de droit international. Étroitement lié dès ses débuts aux travaux de la Commission, le Séminaire s’est construit comme une combinaison entre rigueur académique et expérience pratique, offrant aux participantes et participants la possibilité d’aborder le droit international non seulement comme une discipline, mais également comme une pratique vivante et en constante évolution.
Les premières années
Au cours de ses premières années d’existence, le Séminaire a accueilli un groupe de participantes et participants relativement restreint et principalement régional. La 1re session, qui s’est tenue du 10 au 21 mai 1965, a réuni seize juristes provenant de treize pays différents. Le thème général des débats était le droit des traités. Les participantes et participants ont assisté à des conférences données par sept membres de la CDI, deux membres du Secrétariat et un professeur de l’Université de Genève. Ils ont également eu des échanges avec les intervenantes et intervenants et assisté aux sessions de la CDI. Dans son rapport annuel de 1965, la Commission estimait que le Séminaire avait été « bien organisé et [avait] fonctionné à la satisfaction générale » et qu’il constituait une « utile expérience » qui devait être renouvelée en marge de ses futures sessions. L’Assemblée générale de l’ONU partageait cet avis dans sa résolution 2045 (XX) du 8 décembre 1965 : de nouvelles sessions devaient être organisées et garantir la participation d’un nombre raisonnable de personnes issues de pays en développement. L’année suivante en 1966, le Séminaire a ainsi été reconduit et s’est tenu chaque année depuis lors.
Séminaire de droit international et Commission du droit international : Un parcours commun
Depuis sa création, le SDI a toujours entretenu des liens étroits avec la CDI, elle-même créée par l'Assemblée générale des Nations Unies en 1947, avec pour mission de promouvoir le développement progressif du droit international et sa codification. Organisé en marge de la session annuelle de la CDI à Genève, le SDI permet aux participantes et participants d’assister aux séances publiques de la Commission et de suivre un programme de conférences données par ses membres, ainsi que des briefings additionnels sur les travaux d’autre organes et institutions spécialisées de l’ONU. Cette structure est restée le pilier du Séminaire durant six décennies, et les thèmes abordés ont pu évoluer au gré de l’agenda juridique international : des questions fondamentales relatives à la responsabilité des États et au droit des traités aux questions liées à la protection des droits de l’homme, au droit pénal international et aux enjeux contemporains concernant la gouvernance environnementale, l’élévation du niveau de la mer ou encore la sécurité maritime. Ce lien entre le Séminaire et la Commission se reflète non seulement dans le programme, mais également dans les parcours personnels ; e témoignent les 24 juristes siégeant ou ayant siégé à la Commission qui comptent une participation au Séminaire de droit internationa
Rendre accessible le droit international
En 1965, lors de la 1re session du SDI, seul un candidat provenant d’un pays en développement a pu participer, faute de bourses disponibles. Ainsi, la CDI, l’Assemblée générale des Nations Unies et l’ONUG se sont rapidement engagés en faveur d’une meilleure répartition géographique et d’une plus grande diversité au sein du SDI. Par leurs contributions financières, un certain nombre d’État Membres de l’ONU, l’UNITAR également, ont rapidement permis l’attribution de bourses aux personnes issues de pays en développement permettant ainsi à celles et ceux qui rempliraient les critères de sélection de pouvoir prendre part au SDI. Lors de son 10e anniversaire en 1974, le Séminaire comptait déjà 228 alumni de 85 nationalités différentes, dont 107 avaient pu bénéficier d’une bourse. À ce jour, 843 d’entre eux et d’entre elles ont pu recevoir une aide financière pour couvrir leur frais de voyage et/ou d’hébergement, représentant plus de 60 % de l’ensemble des participantes et participants jusqu’à présent.
Les dernières années
Depuis 1965, le SDI s’est tenu sans interruption. Seules les années 2020-2021, marquées par la pandémie de Covid-19, auront imposé un temps d'arrêt dans l’organisation du Séminaire. À la fin du XXe siècle, le SDI était déjà devenu un programme mondial, attirant de jeunes juristes venant de pays et de traditions juridiques chaque jour plus diversifiés. Depuis sa création, 1 397 participantes et participants provenant de 180 pays ont pris part au SDI, témoignant de sa large portée internationale et de sa pérennité. Cette expansion reflète à la fois le rôle croissant des nouvelles générations dans
l’élaboration du droit international et la réputation du Séminaire en tant que porte d’entrée vers la communauté juridique internationale.
Le Séminaire en chiffres
Depuis sa création, le Séminaire de droit international rassemble une communauté diversifiée d’étudiants de troisième cycle, de jeunes chercheurs, de responsables gouvernementaux et de jeunes professionnels, dont 470 femmes (33,6 %) et 927 hommes (66,4 %). Les organisateurs du Séminaire restent déterminés à promouvoir l’équilibre entre les sexes parmi les participants, et les dernières éditions ont reflété cet objectif grâce à une répartition plus équilibrée entre femmes et hommes. Afin de favoriser une participation inclusive, 843 participants (60,3 %) ont bénéficié d’une bourse, permettant ainsi à des candidats qualifiés issus de toutes les régions et de tous les horizons d’y prendre part.
En termes de diversité géographique, le Séminaire a attiré des participants de 180 pays, témoignant de son caractère véritablement mondial. La répartition, basée sur les groupes régionaux d’États membres représentés à l'ONU, comprend 361 participants issus d'États d'Afrique (25,8 %), 306 d’États d’Asie et du Pacifique (21,9 %), 285 d’États d’Amérique latine et des Caraïbes (20,4 %), 278 d’États d’Europe occidentale et d'autres États (19,9 %) et 163 d’États d’Europe orientale (11,7 %). En outre, 230 participants (16,5 %) proviennent de pays les moins avancés (PMA), soulignant l'engagement du séminaire en faveur de la diversité géographique et d’une participation inclusive.